Le CMA de Dô est l’une des plus importantes formations sanitaires de la ville de Bobo-Dioulasso. Mais de hautes herbes aux dessous insalubres se sont emparées d’une bonne partie de l’enceinte de cet important espace de soins de santé publique. C’est du moins ce qui a attiré l’attention d’une équipe de Ouest Info qui était de passage dans cette formation sanitaire pour d’autres besoins dans la matinée de ce mercredi 9 août 2023.
Le Centre médical avec antenne chirurgicale de Dô, (CMA de DÔ) est l’une des deux formations sanitaires intermédiaires entre les centres de soins de santé de base et le CHUSS. Son importance n’est plus à démontrer car elle couvre plusieurs secteurs et villages environnants de la ville de Bobo-Dioulasso. Cependant, il y a un constat surprenant dans l’enceinte de cette structure sanitaire.
A l’entrée du CMA, tout semble être normal comme il se doit dans un centre de santé. Mais quelques minutes de marche suffisent pour découvrir une autre réalité. En effet, une bonne partie de l’intérieur de la cour présente l’aspect d’un champ en jachère. Certains bâtiments sont engloutis par de hautes herbes qui continuent aisément leur croissance. Sous ces herbes, on peut constater des sachets plastiques usés. Dans cette verdure encombrante, des patients et accompagnants se soulagent. Des actes qui sont de nature à créer des nids pour les anophèles femelles et autres bestioles, vecteurs du paludisme et d’autres maladies en ces temps d’hivernage.
Le comble dans ce constat est qu’on rencontre par endroit dans la cour de petits champs d’arachide. A une vingtaine de mètres du côté droit du bâtiment estampillé « Unité Kangourou », un tas d’ordures composé de déchets médicaux de toute sorte se fait apercevoir. Tout d’un coup, nous reléguons au second plan l’objet de notre présence au sein de la formation sanitaire. On décide de jeter des coups d’œil dans tous les recoins de l’enceinte du centre médical. Avec le constat déjà fait, on pensait être au bout de nos surprises. Mais que ne fut notre étonnement quand nous apercevons dans les herbes à un angle pas tellement isolé des bâtiments, une jeune fille en train de se soulager à quelques mètres de toilettes entourées elles-aussi d’herbes qui menacent de l’engloutir

Lorsque nous avançons dans les arrières du bâtiment « Hospitalisation médecine », une odeur nauséabonde et un couple de lézards sorti des herbes nous accueillent. Juste à côté, malades, accompagnants et visiteurs attendent. Parmi eux, certains se restaurent. Dans ce décor, les quelques clairières sont par endroit arrosées par des jets d’eau qui coulent légèrement de certains robinets ou points de raccordement visibles à l’œil. Des endroits humides sur lesquels on aperçoit de légères traces de mousses favorables aux microbes. Après le triste décor constaté au sein du CMA, nous nous nous intéressions à l’objet de notre présence avant de prendre congé des lieux. Pendant que nous discutions de ce que nous avons constaté en avançant vers la sortie du centre médical, nous croisions un monsieur qui, de passage vers l’intérieur n’a pu s’empêcher de s’introduire dans notre causerie. Sans le connaitre nous nous arrêtons mais nous nous méfions d’abord de lui et de ses dires. Il découvre que nous sommes des journalistes. Son témoignage finit par nous mettre en confiance et nous nous intéressions à lui. Ses dires n’ont rien de différent de ce que nous avons-nous-mêmes constaté de visu. « Hier nuit j’étais ici pour voir un malade et franchement j’étais découragé. Il y a tellement d’herbes fraîches qu’on ne se croirait pas dans un centre de santé. Tellement l’herbe a poussé, les gens ne se fatiguaient plus pour aller aux toilettes. Ils jettent les saletés dans les herbes. J’ai voulu même faire une vidéo mais je me suis rendu compte que des gens se soulageaient dans les herbes et j’ai arrêté. Pour un centre de santé, je ne trouve pas cela normal. Dans ces conditions si un patient séjourne là-bas sans faire attention, il risque d’aggraver sa maladie », nous-a-t-il raconté son vécu de la nuit dernière d’un ton calme mais ferme.
Après notre court échange avec ce quidam, nous quittions les lieux avec plusieurs questions qui nous turlupinaient l’esprit sur l’état herbeux d’un centre de santé d’aussi grande importance comme le CMA de Dô.
Diakalia Siri et Sita Guitti (Stagiaire)/ Ouest info




